La restauration

"Une oeuvre d'art est matière avant d'être message"
Madeleine Hours

Directrice du Laboratoire de recherche des musées de France de 1947 à 1981

Restaurer vos tableaux c’est assurer la transmission de votre patrimoine aux générations futures.



HISTORIQUE

D’abord confiée aux artistes peintres, la restauration de tableaux se professionnalise au cours du 18 ème siècle. Le marché de l’art se développe et rend nécessaire la valorisation des œuvres. La notion de patrimoine et le souci de sa conservation progressent. A la veille de la Révolution de 1789 le Comte d’Angiviller, Surintendant des Bâtiments du Roi, charge une équipe de restaurateurs de l’entretien des tableaux de la couronne. Il compte prochainement exposer ces chefs-d’œuvre au public, dans le Palais du Louvre. L’idée du musée est née là, l’ébauche du métier de conservateur-restaurateur aussi. De nouvelles techniques de restauration sont mises au point, les premières règles professionnelles sont fixées. Le 19 ème siècle est celui de l’Histoire, le passé est à la mode. A la suite du Louvre des musées s’ouvrent dans toute l’Europe, plus que jamais il importe de conserver et de valoriser le patrimoine artistique. Les progrès de la science et de la technique permettent de repousser les limites de la discipline. Avec le 20 ème siècle apparaissent les premiers théoriciens, Cesare Brandi à Rome, René Huygues à Paris, un premier code de déontologie se dessine. Les musées se dotent de centres de recherches chargés d’analyser les phénomènes d’altérations des œuvres d’art afin de mieux les prévenir. En 1993 une charte fixant les règles éthiques et déontologiques est publiée par la confédération européenne de conservateurs-restaurateurs.

DEONTOLOGIE

La conservation-restauration consiste à intervenir sur un bien culturel endommagé dans le but d’en faciliter la lecture, d’en assurer la pérennité et de contribuer à sa mise en valeur, dans le respect de son intégrité esthétique, physique et historique. L’Atelier Nolde intervient en conformité avec les règles éthiques professionnelles actuelles. Le choix des interventions et des matériaux utilisés se fait dans le souci de leur stabilité dans le temps, de leur compatibilité avec les matériaux originels et surtout de leur réversibilité. Aucune restauration n’étant éternelle, les restaurateurs de demain doivent en effet pouvoir intervenir à leur tour, dé-restaurer nos restaurations actuelles, sans porter atteinte aux matériaux d’origine.

PROTOCOLE D'INTERVENTIONS

Une œuvre peinte étant par nature unique, il ne saurait y avoir de recette universelle en matière de restauration des peintures. Toute intervention débute donc par l’observation minutieuse des matériaux constitutifs de l’œuvre à traiter. Cet examen, réalisé à l’œil nu puis avec des méthodes d’investigation plus poussées, permet d’appréhender la technique mise en œuvre par l’artiste, de retracer l’histoire matérielle du tableau et de mieux comprendre les phénomènes qui ont pu modifier son état depuis sa création. A partir du constat d’état établi lors de cette observation visuelle, complétée si nécessaire par des examens et analyses scientifiques menés en laboratoire, le restaurateur peut poser un diagnostic et proposer les traitements les plus appropriés aux problématiques rencontrées et aux objectifs à atteindre.

Interventions de conservation

Alors que les interventions curatives et conservatives permettent de stopper les processus de dégradation et d'assurer la conservation du tableau, les interventions esthétiques visent à retrouver une juste lecture de l'image en la débarrassant de ce qui la perturbe (vernis oxydé, repeints désaccordés, manques de matière picturale...). Par souci de conservation préventive des interventions peuvent être prescrites pour ralentir les processus de dégradation et le propriétaire de l'oeuvre restaurée est informé des conditions climatiques idéales de conservation.