Histoire d'une oeuvre célèbre : 

Véritable icône républicaine, le tableau d'Isidore Pils aujourd'hui conservé à Strasbourg a engendré de multiples versions. Nous venons d'achever la restauration de l'une d'elle conservée à la Mairie de Choisy-Le-Roi. 

En 1849, Isidore Pils, jeune peintre peu connu, présente au Salon son tableau "Rouget de Lisle chantant la Marseillaise pour la première fois en 1792". Celui-ci est immédiatement acheté par l'Etat qui en commande plusieurs copies. 
La scène se déroule dans le salon du maire de Strasbourg, Dietrich, assis au premier plan sur un fauteuil cossu. Derrière lui une assemblée hétéroclite symbolise la diversité de la République: bourgeois emperruqués, hommes et femmes du peuple... Tous les regards convergent vers le chanteur alors qu'une lumière quasi messianique le désigne de façon théâtrale. A sa droite une jeune femme à la robe soyeuse l'accompagne au piano, détournant le regard de son instrument elle semble gagnée par l'émotion du moment, tout comme sa voisine qui sèche une larme au coin de son mouchoir. Quelques livres posés négligemment au sol rappellent que la scène s'est déroulée dans un milieu érudit, gagné par les idées des Lumières... 

Cette version, appartenant à la ville de Choisy-Le-Roi où l'auteur de la Marseillaise est mort en 1836, a retrouvé ses couleurs après avoir été à l'atelier l'objet de soins attentifs : la toile, déchirée a de multiples endroits a été consolidée par un doublage, le vernis très oxydé a été retiré et quelques retouches illusionnistes ont fini de lui redonner fière allure... L'oeuvre est prête à intégrer le futur Musée Rouget de Lisle.
Vive la République et Vive la France !
A gauche :
En haut : vue du tableau après restauration
En bas : vue partielle du tableau avant restauration